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05 décembre 2006

"Pénurie" de places d'hébergement : l'inertie des pouvoirs publics dénoncée

La chambre régionale des comptes d'Ile-de-France vient de rendre un rapport qui critique la "gestion" du SAMU social de Paris sur la période 2000-2004. Chargé de l'accueil provisoire et de l'orientation des SDF, ce dispositif se voit notamment reprocher des "déficiences" dans "la gestion de son personnel et du patrimoine mis à sa disposition". Ses "liens avec les autres institutions oeuvrant dans le champ du social demeurent insuffisants", ajoute la juridiction financière.

Mais les observations les plus sévères sont intimement liées à la "pénurie quasi structurelle de places d'hébergement" en région parisienne. Dans ce contexte, résultant de "choix ou d'arbitrages sur lesquels (il) n'a pas prise", le SAMU social "colmate les brèches au mieux, sans que les administrations de tutelle se soient véritablement saisies du problème".

Présenté devant le conseil de Paris du 13 novembre - et dévoilé dans Le Parisien paru le même jour -, le rapport retrace l'évolution du système "mis en place par les pouvoirs publics" pour accueillir le flux croissant de familles sans logement - de nationalité étrangère pour la plupart d'entre elles. Sans-papiers, candidates au droit d'asile ou déboutées, elles sont orientées dans des hôtels, qui offrent, bien souvent, "des prestations médiocres" à un "coût élevé".

"PALLIATIF"

En décembre 2004, quelque 1 000 ménages étaient ainsi à la charge du SAMU social (contre 231 trois ans plus tôt). Dans le même temps, la durée d'hébergement s'est accrue, passant d'un peu plus de deux mois en moyenne en 2003 à quatre mois un an plus tard. Résultat : les dépenses hôtelières ont quasiment été multipliées par six en quatre ans (24,7 millions d'euros en 2004 contre 4,3 millions en 2000).

Dénoncée dans un rapport officiel (Le Monde du 18 avril 2005), cette situation illustre aussi la diversité croissante des publics recueillis par le SAMU social : personnes plongées dans "une véritable situation d'urgence" (femmes victimes de violences...), demandeurs d'asile, étrangers en situation irrégulière, travailleurs pauvres qui ne trouvent pas de logement, SDF durablement "installés" dans la rupture... Pour la chambre régionale des comptes, le SAMU social devrait se limiter à l'accueil des deux premières catégories, les autres nécessitant "des solutions institutionnelles appropriées" qui vont au-delà de "sa compétence première".

Mais ces réponses adaptées tardent à se dessiner. Du coup, le SAMU social continue de servir de "palliatif". Dans ses quatre structures d'hébergement équipées de "lits de soins infirmiers", près d'un quart des résidents relèvent de l'hôpital ou d'établissements "de moyen séjour". Le SAMU social est même amené à refuser des demandes émanant d'hôpitaux parisiens "au motif que les pathologies des personnes que l'on cherche à lui adresser sont trop lourdes".

Posté par jmlir à 21:08 - Politique(s) - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    C'est moi !

    Salut comment-tu vas, je viens prendre un peu de tes nouvelles.
    Pour réagir sur ton article, la difficulé du samu social vient notemment des sdf eux-mêmes qui refusent d'être pris en charge. A savoir aussi que les refuges sont des leiux où les bagarres sont nombreuses, et où on ne dort que d'un oeil si on tient à ses chaussures...
    Bonne fin de semaine, amicalement
    Kadehar

    Posté par Kadehar, 07 décembre 2006 à 21:07

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