Planète Bleue

Respirer profondément et en toute sérénité sur notre belle planète

28 février 2007

Obésité : des messages sanitaires pour rien ?

Jeudi 1er mars, toutes les publicités, à la télévision, la radio, dans la presse écrite et sur Internet pour des produits alimentaires manufacturés et des boissons sucrées, comporteront des messages sanitaires de prévention nutritionnelle.

Pour tenter de mesurer l'impact de ces nouvelles recommandations visant à lutter contre l'obésité, l'UFC-Que Choisir a réalisé une enquête en face-à-face auprès de 704 personnes (parents et enfants de plus de 8 ans) représentatives de la population. L'association de consommateurs a choisi de leur montrer une publicité télévisée pour des céréales au chocolat sur laquelle a été inséré l'un des quatre messages retenus par les pouvoirs publics : "Pour votre santé, éviter de manger trop gras, trop sucré, trop salé".


Une femme souffrant d'obésité profite
avec son enfant des plaisirs de la plage.
Les résultats, rendus publics lundi 26 février, ne manquent pas de piquant. 48 % des personnes interrogées (dont 57 % des enfants) n'ont... "pas vu le message". L'enquêteur a alors repassé le spot publicitaire en montrant du doigt le message, qui défile sous forme de bandeau en bas de l'écran comme le prévoit la loi. Cette fois, 32 % des parents et 42 % des enfants disent avoir eu "des difficultés à le lire" parce que leur attention "est captée par les images de la pub" (37 % des réponses), parce que "les caractères sont trop petits" (32 %) ou qu'ils "défilent trop rapidement" (26 %).

EFFET CONTRE-PRODUCTIF GARANTI

Pire. Quand on leur demande ce que signifie ce message sanitaire par rapport au produit présenté par la publicité, 66 % des personnes interrogées répondent que les céréales sont "équilibrées" ! Qu'elles contribuent, comme le dit le message, à une alimentation moins grasse et moins sucrée ! Effet contre-productif garanti ! L'UFC-Que choisir, qui a toujours plaidé en faveur de l'interdiction de la publicité alimentaire à destination des enfants, conclut : "En choisissant délibérément un message très général, de peur de stigmatiser certains produits, les pouvoirs publics n'offrent aucun moyen pratique aux consommateurs pour déterminer l'intérêt ou l'absence d'intérêt nutritionnel des produits alimentaires." De surcroît, l'enquête montre que ce sont les personnes issues des catégories socioprofessionnelles défavorisées - les plus concernées par le phénomène de l'obésité - qui ont le plus de difficultés à repérer et comprendre le message.

Pour la petite histoire, la publicité utilisée lors de l'enquête était celle des céréales "Lion" qui contiennent, indique l'UFC-Que Choisir, "37 % de sucre"...

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26 février 2007

La compétitivité a progressé fortement en Europe en 2006, sauf en France

Les principaux pays du Vieux Continent ont enregistré en 2006 un bond en avant spectaculaire dans la mise en oeuvre de la stratégie de croissance et d'emploi dite de Lisbonne, qui vise à améliorer la compétitivité des pays de l'Union européenne (UE).

L'"Indicateur européen de croissance et d'emploi", conçu par les économistes du groupe d'assurance allemand Allianz pour le laboratoire d'idées bruxellois Lisbon Council, indique que fin 2006, l'UE à 15 avait fait 90 % du chemin vers les objectifs à atteindre d'ici à 2010, contre un ratio de 73 % seulement fin 2005.


Selon l'"Indicateur européen de croissance et d'emploi",
conçu par les économistes du groupe d'assurance allemand Allianz,
la France passe du sixième au neuvième rang parmi les
principales économies européennes en matière de compétitivité.
Avec un score de 1,37 (le niveau 1 assurant le succès en 2010), la Suède arrive largement en tête, comme en 2005. La Belgique devient un surprenant numéro deux en gagnant sept places, grâce notamment au haut niveau de qualification de sa main-d'oeuvre.

L'Allemagne grimpe de la neuvième place en 2005 à la sixième (à 0,91 contre 0,65), grâce à une croissance de la productivité deux fois plus élevée en 2006 que la moyenne des six années précédentes.

La France fait le chemin inverse, passant de la sixième à la neuvième place, avec un score qui reste quasiment stable (+ 0,02 point, à 0,80), sanction d'une croissance médiocre et d'une productivité stagnante. Seule l'Italie, qui occupe la dernière place, fait plus mal, avec un score de 0,43 seulement.

"L'Europe a finalement pris le tournant après des années de performance décevante", se félicite Michael Heise, économiste en chef d'Allianz et principal auteur de l'étude : "Les efforts de réforme des années passées commencent à payer", mais "l'heure n'est pas à la complaisance". - (AFP.)

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Le nombre d'obèses adultes en France en 2003

sumoLes Français ont pris beaucoup de poids en une décennie. Entre 1992 et 2003, les hommes et les femmes ont grandi d'un centimètre, tandis que leur poids moyen a ainsi augmenté: en 2003, un homme déclarait peser 77 kg en moyenne et une femme 63 kg, soit respectivement 5 kg et 4 kg de plus qu'en 1981. Selon une étude de l'Insee publiée vendredi, le taux d'obèses est passé sur cette même période de 5 à 10% chez les hommes et de 6 à 10% chez les femmes. La France comptait ainsi 3,6 millions d'obèses adultes en 2003. Ce surpoids touche davantage les hommes (35%) que les femmes (21%). Et cette augmentation du nombre de personnes obèses est plus forte dans les milieux populaires. Elle varie également selon les régions, étant plus marquée dans le Nord et l'Est qu'en Ile-de-France ou dans la zone méditerranéenne (qui a le taux le plus faible, moins de 8%). Les disparités se creusent aussi entre catégories socioprofessionnelles, les agriculteurs étant la catégorie la plus touchée par l'obésité et par l'augmentation du phénomène, juste avant les ouvriers.

Une personne ayant un indice de masse corporelle supérieur à 28 peut être considérée comme étant obèse. L’obésité est souvent due à la sédentarité et à la malbouffe.  Cette maladie, appelée aussi surcharge pondérale, peut constituer un facteur de risque de développer plusieurs maladies chroniques telles que les maladies cardiovasculaires et respiratoires, le diabète de type 2, l’hypertension et certaines formes de cancer, aussi bien que la mortalité précoce.

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24 février 2007

L'odeur des autres, par Jean-Michel Dumay (Le Monde)

Il y a des espaces, sur le Net, où logent des communautés. Ce sont les nouveaux salons et cafés où l'on cause, échange, se rencontre, achète, télécharge, regarde, s'instruit, écoute, vend. Des forums, des chats, des Messenger ou des Myspace... Des Wiki ceci, des Wiki cela. Et des Meetic. Le psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron vient de plancher, lui (avec cinq autres chercheurs), sur le site d'e-commerce eBay. Où tout s'achète et tout se vend.

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C'est le site lui-même qui a commandité l'enquête qualitative pour mieux analyser les comportements de ses utilisateurs (220 millions dans le monde). Conclusion du chercheur : plus qu'un "esprit", il existe "une mythologie eBay". Entendez qu'au-delà de l'esprit (l'idée d'une autre économie, d'un évitement des marchands, d'un autre mode de consommation, d'un zeste de développement durable), l'"eBayeur" pourra "transgresser" la philosophie de base et tenter, par exemple, d'arrondir ses fins de mois.

Serge Tisseron a fait des trouvailles : que le site pouvait être l'occasion d'entretenir une convivialité familiale où tout le monde participe à l'enchère : le père à l'appareil photo pour numériser les objets à vendre, le fils ou la fille à la rédaction des fiches descriptives et la mère surveillant le "profil" des acheteurs. Un médium de relations entre les générations, donc. Avec son rituel, surchargé d'intensité quand approche le dernier quart d'heure, avant la fin de l'enchère, réunissant alors en une même communion la famille entière devant l'ordinateur.

Comme tous les sites apparentés communautaires, eBay est un univers en soi : on y vient comme aux Puces ou dans un vide-grenier, pour faire des affaires ou simplement des rencontres - notamment quand on est collectionneur. On y navigue, comme souvent sur le Net, entre imaginaire et réalité. Dans l'imaginaire, surtout. A tel point que certains y oublieraient la valeur de l'argent au moment des enchères. Et que d'autres, sacralisant les objets qu'ils désirent en les voyant sur l'écran, se révéleraient finalement fort surpris par la réalité, lorsqu'ils entrent en leur possession.

Ce dur retour au réel, certains eBayeurs veulent y échapper en évitant de rencontrer le vendeur ou l'acheteur. D'autres, au contraire, le demandent. Et là, dans ce cas, lit-on dans Le Figaro du 20 février, Serge Tisseron observe que "c'est un moment de sensorialité intense, notamment dans le contact olfactif".

Ah ! L'odeur des autres. "Les gens ne peuvent plus se sentir", notait Marcel Gauchet (La Démocratie contre elle-même, Gallimard, "Tel", 2002). "Nous entrons dans un monde où les gens sont destinés à se supporter très mal les uns les autres", évitant les contacts, dans un espace aseptisé et sans odeurs. L'autre serait ainsi ressenti comme une menace, une intrusion avec qui nous ne pouvons avoir que des rapports de séduction, d'utilité ou de commerce. "Distance et méfiance, ajoutait le philosophe, sont les deux mamelles de l'individualisme ultracontemporain."

Internet, en ce sens, en recréant des liens d'une nature nouvelle, désincarne les rapports sociaux, en modifie la substance. Notamment dans le champ amoureux. "Une relation n'est plus aujourd'hui seulement un face-à-face, constate Pascal Lardelier, professeur de sciences de l'information et de la communication à l'université de Bourgogne, mais le lieu d'une rencontre qui peut se passer de visage, de présence et d'odeurs. Auparavant, la relation se fondait sur la rencontre des corps, en première lecture. Et c'est alors que tout commençait. La Toile permet de faire les choses à l'envers puisqu'on se découvre d'abord de l'intérieur."

Les inconnus tombent intimes avant de se connaître. Priorité au fantasme. L'amour n'a plus - tout au moins dans ses prémices - ni parfum ni odeur.

Jean-Michel Dumay pour Le Monde

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23 février 2007

Un livre à lire dés sa parution :

Pour la première fois, le dossier des pesticides est ouvert en grand, et il ne pourra plus être refermé.

Savez-vous qu'il y a des pesticides dans la rosée du matin sur les fleurs ? Savez-vous qu'il y en a dans l'eau de pluie, à Paris, Rennes, Marseille, Lyon, Bordeaux ? Savez-vous qu'il y en a dans les sources, dans les nappes les plus profondes, dans les sols, dans les pommes, dans le pain ? Savez-vous qu'il y en a dans le sang des nouveau-nés, dans le lait des mères, dans la graisse de nos corps ? Savez-vous qu'il y en a dans l'air intérieur des maisons ?


Les pesticides sont partout, et leurs molécules s'attaquent directement à la vie des humains et de tous les êtres vivants. Jusqu'au début de 2007, les responsables de ce désastre sans précédent pouvaient dormir tranquillement. Nul ne les connaissait. Grâce à un livre, qui paraît chez Fayard le 1er mars, ce n'est plus le cas.


Leurs deux auteurs, Fabrice Nicolino et François Veillerette, sont connus et reconnus. L'un est journaliste, l'autre responsable écologiste, ancien président de Greenpeace en France. Ils révèlent, dans le sens le plus fort de ce mot, un système. Un système né après 1945, grâce auquel l'industrie des pesticides a pris le pouvoir, tous les pouvoirs.


Ce livre donne des noms, tous les noms. Il met en accusation l'Inra et le ministère de l'Agriculture. Il explore une à une les méthodes du lobby, dénonce les congrès « scientifiques » truqués et le rôle direct dans la désinformation de Marcel Valtat, l'homme de l'amiante, celui qui a empêché son interdiction pendant des décennies. Il raconte au passage le sort fait aux Antilles, dont certaines zones sont polluées pour des centaines d'années, et la complicité de très hauts fonctionnaires avec l'industrie dans le terrible dossier du Gaucho.


"Ce livre ne pourra donc passer inaperçu. Mais ceux qui sont accusés se battront, et ils en ont les moyens. Les nôtres sont en comparaison dérisoires. C'est pourquoi nous comptons sur vos forces. Sur votre volonté. Sur votre liberté. Aidez-vous à faire connaître ces vérités cachées. Parlez de ce livre ! Nous avons grand besoin de votre aide."

Fabrice Nicolino et François Veillerette

Vous pouvez d'ores et déjà commander ce livre en ligne, transférer ce message autour de vous, en parler autour de vous afin que cesse le silence sur un scandale de santé publique majeur.

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22 février 2007

La course à l'extrême maigreur inquiète

rop maigres et trop jeunes ? A la veille des défilés de prêt-à-porter à Paris, du 25 février au 4 mars, la silhouette des mannequins va être examinée avec attention. Un groupe de travail, créé le 25 janvier par Xavier Bertrand, ministre de la santé, et présidé par le pédopsychiatre Marcel Rufo, doit "proposer sous deux mois un cadre d'engagement collectif et volontaire portant sur la publicité, la mode et l'apparence du corps".

Fin 2006, le décès d'un mannequin brésilien anorexique de 18 ans et la fixation de l'indice 18 de masse corporelle (56 kg pour 1,75 m) minimum, pour défiler en Espagne et en Italie, ont déclenché un débat sur la maigreur excessive. Certains estiment que ces images, abondamment véhiculées par les médias, ont une influence sur le comportement alimentaire des jeunes filles.

Dans les milieux les plus concernés, les couturiers et les photographes de mode sont les moins diserts. On se contente d'indiquer que l'important est que les filles soient... belles et photogéniques. "C'est aux spécialistes de la santé de dire ce qui est bon ou mauvais. A propos du pouvoir et de l'influence de la mode, on est dans un discours très subjectif", commente Didier Grumbach, président de la Fédération française de la couture.

Les responsables des agences de mannequins pratiquent un peu moins la langue de bois. Tout en estimant que le phénomène est minoritaire, ils font l'analyse suivante. "Après les top models des années 1980 - Claudia Schiffer ou Linda Evangelista - qu'on regardait quelquefois plus que le vêtement qu'elles présentaient, les couturiers ont peut-être recherché des physionomies plus anonymes et plus androgynes", analyse Martine de Menthon, styliste.

Une tendance qui a coïncidé avec d'autres phénomènes, comme l'arrivée des mannequins de l'Est (Russie et Biélorussie, notamment), grandes et élancées, ainsi que celle de filles de plus en plus jeunes et à peine pubères, même si, en France, les moins de 16 ans n'ont pas le droit de participer à un défilé. "Dans les années 1980, on débutait à 18-20 ans, aujourd'hui, certaines commencent à 16 ans, voire à 14 ans, en Italie par exemple. C'est catastrophique, car ces jeunes filles abandonnent l'école et n'y retournent pas trois ou quatre ans plus tard, ce qui est souvent la durée d'une carrière", constate Patricia, ancien mannequin et aujourd'hui directrice de casting à l'agence La mode en images.

La sélection est permanente, la rivalité mondiale. Dans une étude britannique, publiée par The Independant, un mannequin déclare : "Notre seul pouvoir est celui de se mettre au régime." En ce qui concerne le rapport à la nourriture, ceux qui fréquentent le "backstage", ces coulisses où les mannequins se préparent avant de se lancer sur le podium, pourtant l'affirment : la plupart d'entre elles mangent. Difficile d'ailleurs d'imaginer qu'elles pourraient assurer jusqu'à 80 défilés en une semaine, au rythme de 12 heures de travail par jour, sans se sustenter. Une nourriture, pas toujours très diététique, absorbée à la va-vite entre deux essayages ou dans la voiture qui conduit d'un défilé à l'autre. Il se murmure que certaines se feraient vomir. D'autres reconnaissent que, la semaine qui précède les collections, elles font un régime pour retrouver la taille mannequin.

Alors, cette maigreur excessive des mannequins relèverait de l'exagération journalistique ? Pas tout à fait, puisqu'à Madrid, début février, cinq mannequins ont été à nouveau interdites de défilé pour cause de masse corporelle insuffisante. Certains reconnaissent qu'il y a eu des abus et que certains créateurs, comme Balenciaga ou Lagerfeld, ont un moment été tentés par ces allures filiformes pour la présentation de leurs modèles. Mais il s'agirait d'un phénomène minoritaire. Les milieux de la mode préfèrent pointer les silhouettes osseuses des "people", telles les Américaines Paris Hilton ou Nicole Richie, abondamment photographiées par les magazines.

Les médecins, eux, estiment qu'un palier supplémentaire a été franchi dans "la course à la minceur". "On constate un rajeunissement des cas d'anorexie et une apparition de cette maladie dans des endroits du monde où elle était inconnue. Même s'ils n'en sont pas la seule cause, les facteurs d'environnement, comme la mode, jouent. Par ailleurs, la sous-alimentation que suppose l'extrême maigreur a des conséquences sur la puberté, notamment", explique le docteur Marie-France Le Heuzey, pédopsychiatre, spécialiste de l'anorexie.

Dans son numéro du 29 janvier, le magazine Elle a publié 8 pages titrées "Toutes en rondeurs". Une tentative pour exorciser la maigreur ?

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Hormone de croissance: le procès bientôt

Le parquet de Paris va demander le renvoi en correctionnelle de plusieurs sommités médicales et anciens hauts fonctionnaires du ministère de la Santé. La juge Bertella-Geffroy devrait suivre le réquisitoire du parquet, lors d'un procès sur un drame de santé publique parmi les plus retentissants de ces dernières années, après celui du sang contaminé. Un drame qui a causé la mort de 105 enfants ou adolescents

Enfin! Cent cinq familles dont les enfants sont morts à cause de cette maudite hormone de croissance vont avoir leur procès. Quinze ans après le premier décès d’un garçon de 11 ans, la juge d’instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy a en effet bouclé son dossier. Et le parquet de Paris s’apprête de façon imminente à lui transmettre son réquisitoire de près de 400 pages. En clair, à demander le renvoi en correctionnelle pour homicide involontaire et tromperie aggravée de plusieurs personnalités du monde médical. Ces dernières auraient laissé s’écouler, entre fin 1982 et 1985, des stocks suspects d’hormone de croissance, occasionnant la mort de 105 enfants ou adolescents. Le dernier est décédé au mois de décembre 2006.

Qui sont ces personnalités épinglées qui pourraient rendre des comptes à la justice dès la fin 2007 ou au début 2008? Il s’agit du professeur Jean-Claude Job, ex-président de France-Hypophyse, Fernand Dray, ancien responsable à l’Institut Pasteur de la fabrication de l’hormone de croissance, Jacques Dangoumau, ex-directeur de la pharmacie et du médicament au ministère de la Santé, Henri Cerceau, ancien directeur de la Pharmacie centrale à l’Assistance publique de Paris et le docteur Elisabeth Mugnier, responsable de la collecte des hypophyses. A la juge Bertella-Geffroy de prendre désormais son ordonnance de renvoi devant le Tribunal correctionnel et de suivre ou non les réquisitions du Parquet de Paris. Selon nos informations, la magistrate devrait reprendre dans une très large mesure le réquisitoire du parquet de Paris.

Similitudes avec l'affaire du sang contaminé
Retour sur un drame qui s’apparente par bien des points à celui du sang contaminé. Au début des années 1980, une sommité médicale, le professeur Luc Montagnier, s’interroge sur les risques encourus à utiliser une substance fabriquée de façon artisanale, à partir d’hypophyses de cadavres, et destinée à soigner des enfants qui ont du mal à grandir ou sont atteints de nanisme. Le professeur Montagnier se montre catégorique: France-Hypophyse, association loi de 1901, qui a pour mission de fabriquer et distribuer l’hormone de croissance, ne doit jamais collecter une hypophyse provenant du cerveau d’un malade mort d’encéphalite aigüe, de tumeur intracranienne,  ou de maladie chronique du système nerveux.

Vigilance absolue. Tel est le mot d’ordre du professeur Montagnier à l’adresse des dirigeants de France-Hypophyse. Or, trois ans plus tard, un rapport de l’Inspection générale des Affaires sociales met gravement en cause France-Hypophyse. On apprend par exemple que la collecte des hypophyses dans les morgues des hôpitaux se déroule sans le moindre contrôle. Et que  presque jamais  un procès-verbal n’est rédigé. Pis: les sorties d’organes ont lieu sans que les directions des hôpitaux où sont décédés les donneurs en soient informées. Accablant!

Au début 1985, un progrès considérable a lieu: des laboratoires pharmaceutiques mettent au point une hormone synthétique  sans risque de prion. Une découverte capitale qui permet d’éviter tout risque de maladie de Creutzfeldt-Jacob. Ce n’est qu’en 1988 que la France optera pour l’hormone de croissance synthétique.

Premier mort aux Etats-Unis
Or, la France,  continue d’ utiliser la méthode extractive, celle qui consiste à collecter des hypophyses sur des cadavres. Jusqu’à ce qu’un drame survienne aux Etats-Unis: un jeune homme de 21 ans meurt en novembre 1984 en Californie après avoir suivi un traitement à l’hormone de croissance extractive entre 1960 et 1975. Les résultats de l’autopsie sont formels: le lien est établi entre la maladie de Creutzfeldt-Jacob, cause du décès du jeune homme, et l’administration de l’hormone de croissance.

Malgré cette tragédie, le monde médical français reste sur ses positions. Et poursuit la production et la distribution de l’hormone extractive. Le 7 mai 1985, le directeur  de la pharmacie et du médicament, Jacques Dangoumau, dans une lettre adressée à France-Hypophyse, se veut rassurant: "La qualité du système mis au point par la France, la nature des produits utilisés et les garanties offertes par leur contrôle, la gravité du handicap traité, justifient de ne pas interrompre le très remarquable travail  réalisé par l’association France-Hypophyse en liaison  avec la pharmacie centrale et la commission nationale de l’hormone de croissance".

Lots contaminés
Seulement voilà: la réalité va se révéler différente. Dans un rapport, la PJ écrira que le laboratoire de l’institut Pasteur où est extraite l’hormone de croissance ressemble à une "arrière-cuisine". De fait, les conditions sanitaires de la collecte de l’hormone de croissance sont fort éloignées des affirmations du directeur de la pharmacie. Tellement qu’entre la fin 1982 et le mois de juin 1985, quatre lots d’hormone de croissance, soit plusieurs dizaines de milliers d’ampoules, ne seront pas purifiés, contrairement à la procédure normale. Et, surtout ne seront pas rappelés bien qu’on ait constaté cette grave déficience. Ils seront donc administrés à des enfants et adolescents. Pourquoi une telle défaillance? Pour des raisons économiques, bien sûr, le rappel des lots entraînant un manque à gagner important pour l’association France-Hypophyse.

Le 24 décembre 1991, sur plainte d’une famille dont l’enfant avait contracté la maladie de Creutzfeldt-Jacob après avoir suivi un traitement à base d’hormone de croissance, une information judiciaire était ouverte à Paris, confiée à Marie-Odile Bertella-Geffroy.  Au fil des mois, les familles de victimes regroupées au sein de l’ Association  des victimes de l’hormone de croissance, défendue par Me Bernard Fau, multiplient  les plaintes.

L’instruction va être longue, Marie-Odile Bertella-Geffroy éprouvant de grandes difficultés à reconstituer le cheminement des lots contaminés entre 1982 et 1985. Et pour cause: leurs registres de distribution seront volés, tout comme disparaîtra le micro-ordinateur qui recensait le listing des ordonnances destinées aux jeunes patients. Ainsi donc, s’ouvrira d’ici quelques mois l’un des procès les plus retentissants de ces dernières années - après celui du sang contaminé - sur un drame de santé publique. En attendant, les familles des victimes ont été indemnisées à hauteur de 250 000 euros par enfant décédé...

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Le coût des programmes ;o))

L'OFCE lancera jeudi un manifeste pour dénoncer la frénésie du chiffrage qui a fait irruption dans la campagne présidentielle. Pour LEXPRESS.fr, son directeur adjoint, Xavier Timbeau, explique le sens de sa démarche

Jean-Paul Fitoussi, président de l'Observatoire français des conjonctures économiques, et l'un de ses directeurs, Xavier Timbeau, lanceront jeudi un manifeste pour dénoncer la frénésie du chiffrage qui a fait irruption dans la campagne présidentielle. Interview

Le chiffrage des programmes présidentiels n’est-il pas nécessaire pour éviter la démagogie
Bien sûr, il est important d’évaluer les mesures proposées par les candidats. Mais ce n’est pas toujours facile. Les économistes qui se lancent dans cette aventure cherchent le coût de mesures dont on ne connaît pas le détail. Prenez l’exemple de la sécurité sociale professionnelle. C’est une réforme qui devra impérativement être négociée avec les partenaires sociaux, puisqu’elle doit s’articuler avec une refonte de l’assurance chômage. Or on ne sait pas ce qui va sortir de cette négociation. Cela donne toujours des ordres de grandeur…

Parce que c’est difficile, il faudrait renoncer ?
La difficulté d’évaluer financièrement les propositions n’est pas le plus important dans nos réserves à l’égard de cette mode du chiffrage. Même si ce n’est pas toujours apparent, les propositions des candidats ne peuvent pas être davantage que des orientations, car elles seront mises en œuvre dans un contexte qui n’est pas prévisible. En 1981, la rigueur ne faisait pas partie des 110 propositions du candidat Mitterrand. Ce fut pourtant la mesure la plus importante de son premier mandat. Les candidats sont unanimes à vouloir s’attaquer à la dette. Très bien. Mais si on ne sait pas quelle sera la croissance dans les années qui viennent, il est impossible de savoir de quelle marge de manœuvre on va disposer, et donc de dire par avance quelles seront les priorités.

Quel peut être le rôle des économistes dans la campagne, si on les empêche de chiffrer les programmes ?
Il ne faut pas confondre l’élection présidentielle et le vote d’un budget. L’élection présidentielle, c’est le choix d’une société. Un candidat est sur une ligne plutôt libérale, basée sur la baisse des prélèvements obligatoires pour les entreprises comme pour les particuliers. L’autre met l’accent sur l’accompagnement social des personnes sans emploi, sur le pouvoir d’achat, la relance par la consommation. Ce n’est pas la même chose. Mais là dessus, les économistes sont tout sauf unanime . Il y a de grands débats entre nous pour savoir si telle ou telle philosophie est efficace. Il ne faut pas escamoter ces débats et laisser croire, en ne disant rien de compliqué, que tout est contraint . Le chiffrage actuel, c’est le retour de la pensée unique. Sous couvert d’objectivité, on s’interdit d’essayer de nouvelles politiques. C’est une attitude très conservatrice. En gros, les chiffreurs sont là pour dire aux candidats qu’ils n’ont qu’une petite marge de manœuvre et leur demander ce qu’ils comptent en faire. En sortant des coûts astronomiques, ils décrédibilisent les programmes et occultent les vrais débats sur le choix de la société que nous voulons. Or c’est ce choix qui va peser sur la croissance. Ils veulent nous faire croire qu’il y a une vérité révélée en économie. Ce n’est pas vrai.

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Incinérateur construit par Marseille à Fos-sur-Mer

Des personnes envahissent le site de construction d'un incinérateur à Fos-sur-Mer, le 25 novembre 2006 (Photo Patrick Valaressis/AFP/Archives)

Le militant écologiste Nicolas Hulot a estimé jeudi à Marseille que l'incinérateur construit par la ville sur la commune de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), contre l'avis des habitants, "n'est pas la meilleure réponse" au problème des déchets.

"Le problème d'une usine d'incinération comme sur Fos, c'est qu'il va falloir qu'elle tourne à plein rendement et donc, à la limite, cela n'incite pas à diminuer la quantité de déchets. C'est pour cela que je pense que ce n'est pas la meilleure réponse", a déclaré M. Hulot lors d'une conférence de presse, quelques heures avant la signature par le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin (UMP) de son Pacte écologique.

Marseille sera la deuxième ville à signer ce Pacte après Paris.

Une soixantaine d'associations se sont indignées mercredi de la signature du Pacte par Marseille alors que la ville construit un incinérateur qu'ils jugent dommageable à l'environnement et à la santé publique.

82_hulotLa mairie de Marseille a réagi en affirmant que l'incinérateur doublé des unités de méthanisation et de valorisation des déchets est "la meilleure alternative à l'enfouissement des déchets".

Tout en soulignant la complexité du problème du traitement des déchets, Nicolas Hulot s'est dit "touché, voire choqué qu'une fois de plus les habitants de Fos paient un lourd tribut environnemental et écologique alors que la barque est déjà chargée". Fos, à l'ouest de l'étang de Berre, est au coeur d'une importante zone industrielle et pétrochimique.

Par ailleurs, le Conseil d'Etat a rendu jeudi deux décisions défavorables aux opposants au futur incinérateur de déchets de l'agglomération marseillaise à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), a-t-on appris auprès de la plus haute juridiction administrative.

Le Conseil d'Etat a d'abord annulé une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Marseille, qui avait suspendu le 24 mai 2006 l'autorisation d'exploitation délivrée par le préfet des Bouches-du-Rhône.

Il a d'autre part rejeté des recours formés contre le permis de construire accordé le 20 mars 2006. Le Conseil d'Etat a considéré que le juge des référés du tribunal administratif de Marseille, qui avait rejeté le 16 juin 2006 la demande de suspension du permis, "n'a pas commis d'erreur de droit".

La communauté urbaine Marseille Provence métropole, présidée par M. Gaudin, a décidé de construire un incinérateur, doublé d'une unité de méthanisation, pour traiter 410.000 tonnes (300.000 par incinération, 100.000 par méthanisation) des 600.000 tonnes d'ordures ménagères qu'elle produit par année et remplacer la décharge d'Entressen (Bouches-du-Rhône) qui doit être fermée.

Lors d'une consultation organisée début 2006 à Fos et dans deux communes voisines, le non à l'incinérateur avait remporté 97,08% des voix.

"Il me semble qu'un référendum aussi net, on devrait en tenir en compte (...) Je ne pense pas qu'on puisse imposer autoritairement", a ajouté M. Hulot.

Il a cependant souligné que face au "retard" pris par Marseille pour ses déchets, la ville s'est "retrouvée comme dans une impasse". Il s'est "réjoui" que la ville s'engage sur son pacte, estimant qu'il n'était pas là pour "faire de procès d'intention".

Mardi, le Parlement européen a voté en première lecture un texte visant à réduire la production de déchets d'ici 2020, recommandant "de réduire in fine la mise en décharge et l'incinération, toutes deux sources de pollution".

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06 février 2007

L'obésité, miroir des inégalités sociales

S'il fallait encore convaincre que riches et pauvres ne sont pas égaux face à l'obésité, la dernière étude publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) du 30 janvier en donne une nouvelle preuve éclatante.

L'enquête, menée en partenariat avec l'Institut de veille sanitaire (InVS), l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et le conseil général du Val-de-Marne, porte sur un échantillon représentatif de 1 042 collégiens et lycéens de ce département. Elle vise à mesurer l'évolution de la prévalence de l'excès pondéral chez ces jeunes entre 1998 et 2005.

Résultat : dans ce département, engagé depuis 2001 dans un programme de prévention de l'obésité, la prévalence du surpoids est restée quasi stable (17 % des adolescents présentent un excès de poids, dont 3,1 % sont obèses). En revanche, elle a considérablement augmenté chez les enfants d'ouvriers (passant de 16,4 % à 31,1 %), alors qu'elle a diminué chez ceux dont les parents occupent une profession intermédiaire (de 19,1 % à 10,9 %) ou un poste de cadre.

A ces écarts liés aux catégories socioprofessionnelles s'ajoute l'origine géographique du père. Ainsi, la prévalence globale du surpoids progresse significativement lorsque le père est originaire du Maghreb (de 18 % à 30,1 % entre 1998 et 2005) ou d'un pays non européen ou africain (de 13,1 % à 23,3 %).

Une étude américaine publiée en 2003 a déjà montré qu'"avec le temps les modes de vie du pays d'origine perdent leur rôle initialement protecteur à l'égard de l'excès pondéral, et ce d'autant plus que le cadre de vie, les ressources ou le niveau d'éducation des parents sont défavorables", rappellent les auteurs de l'enquête.

LE TYPE DE QUARTIER

Au-delà des ressources financières de la famille et du pays d'origine, le type de quartier dans lequel vit l'adolescent peut aussi avoir un impact sur les comportements alimentaires. Ainsi, la prévalence de l'excès pondéral atteint 24,4 % (dont 6,3 % d'obésité) chez les jeunes habitant dans une cité, contre 11 % (dont 1,5 % d'obésité) chez ceux vivant dans un quartier pavillonnaire.

Les écarts entre les modes de vie sont importants. Ainsi, parmi les jeunes dont le père est originaire d'Afrique, 46,2 % déclarent consommer des sodas au moins une fois par jour (contre 25 % de ceux dont le père est européen) et 58,6 % ne prennent pas leur petit-déjeuner tous les jours (contre 26,5 %). Enfin, si 69 % des jeunes interrogés disposent d'au moins un écran (télévision, ordinateur ou console de jeux) dans leur chambre, ce pourcentage atteint 75 % parmi les enfants d'ouvriers.

Posté par jmlir à 19:02 - Société - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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