22 mars 2007
Patinage artistique - Brian Joubert sacré champion du monde.
Brian Joubert a décroché jeudi à Tokyo son premier titre mondial. Le Poitevin, auteur d'un programme libre impeccable, a devancé le Japonais Daisuke Takahashi et le Suisse Stéphane Lambiel, et devient le premier Tricolore couronné d'or aux Championnats du monde en libre hommes depuis 42 ans.
Mercredi, Joubert avait revêtu son costume de James Bond pour la dernière fois lors d'un programme court qu'il avait dominé. Ce jeudi, le Français a gardé les principaux atouts du héros de Ian Fleming : la détente, la précision, la rigueur, et la séduction... des juges (!) pour remporter sa toute première couronne mondiale à l'issue d'un programme quasi parfait.
Entré sur la glace dans le dernier groupe du fait de son excellent départ la veille, le tirage au sort avait néanmoins décidé de faire patiner le récent champion d'Europe après Stéphane Lambiel, mais avant ses concurrents directs, les Japonais Daisuke Takahashi et le Canadien Jeffrey Buttle. Loin de la pression qu'il aurait pu ressentir, le Français, sur des airs de Metallica ("Nothing else matters"), a attaqué son programme libre dans la peau d'un vainqueur, pour ne jamais la quitter. Aucune réception hasardeuse à l'issue de ses sauts, ni sur le quadruple, ni sur les triples, et qu'importe si l'enchaînement quadruple-triple s'est transformé en triple-triple. Au final, Joubert, avec 240,85 points, a su garder à distance Takahashi (237,95) et Lambiel, revenu de nulle part (233,35)... pendant que Buttle a chuté, sur, et hors de la glace.
Calmat le porte-bonheur
Après sa prestation, Brian Joubert a retrouvé celui qu'il qualifie de «porte-bonheur», Alain Calmat. «Il était déjà présent à Budapest lorsque j'ai été sacré champion d'Europe pour la première fois, il est à nouveau là, à Tokyo, pour mon premier titre mondial», a expliqué le Poitevin. Tel un passage de témoin, le dernier Français à avoir glané un titre mondial chez les hommes, en 1965 à Colorado Springs, a tenu a être présent aux côtés de «ce grand bonhomme » qu'est Joubert, âgé de 22 ans, pour la réception de sa couronne mondiale.
Avant de se rendre sur le podium, de recevoir son trophée, et de se délester d'une émotion visiblement un peu trop forte, le néo-champion du monde n'a pas oublié de saluer famille, amis, et médecin (Joubert s'était blessé à un pied à quelques semaines de la compétition), et a prévenu public et patineurs que «la prochaine fois, il ferait encore mieux.»
21 mars 2007
30% des Français se disent racistes
es violences racistes sont en baisse de 10% en 2006 par rapport à 2005, mais une forte proportion de Français continue à estimer qu'il y a trop d'immigrés en France (48%), voire à se déclarer raciste (30%), selon un rapport de la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH) qui doit être remis mercredi au gouvernement.
Baisse des violences
"L'année 2006 a été marquée par une baisse de 10% de la violence globale raciste, xénophobe et antisémite: on dénombre ainsi un total de 885 actions et menaces racistes, xénophobes et antisémites (contre 974 en 2005)", indique la CNCDH dans son rapport.
Néanmoins, "les chiffres fournis par le ministère de l'Intérieur révèlent que le nombre des violences et menaces antisémites était de 541 en 2006 contre 508 en 2005, soit une hausse de 6%", souligne la CNCDH qui relève "une inquiétante progression des actes antisémites à caractère violent (+ 35%), notamment à l'encontre des personnes physiques".
Intégration
Dans un sondage réalisé pour ce rapport, une majorité des Français (54%) estime que "ce sont avant tout les personnes d'origine étrangère qui ne se donnent pas les moyens de s'intégrer", contre 37% qui jugent que c'est "la société française qui ne donne pas les moyens aux personnes d'origine étrangère de s'intégrer".
En outre, 58% (-5) des personnes interrogées estiment que "certains comportements peuvent parfois justifier des réactions racistes", contre 39 % pour qui "rien ne peut les justifier". En revanche, l'opinion reconnaît la contribution positive des immigrés à l'économie et à la culture française. Pour 79 % (+9), "les travailleurs immigrés doivent être considérés comme chez eux puisqu'ils contribuent à l'économie française" et pour 64% (+16) la présence d'immigrés en France est nécessaire pour assurer certaines professions". Ce sondage a été réalisé en face à face par l'institut CSA, du 6 au 9 novembre 2006, auprès de 1026 personnes âgées de 18 ans et plus résidant en France, d'après la méthode des quotas.
17 mars 2007
Dans les sociétés de grande solitude
Chronique par Jean-Michel Dumay
Chantilly (Oise), une école vit dans les murs d'une maison de retraite depuis deux ans, égayant le quotidien des résidents grâce à une association joliment baptisée Couleurs d'enfance. A Antibes (Alpes-Maritimes) ou à Saint-Marcellin (Isère), des bénévoles rendent visite aux personnes isolées pour jouer à des jeux de société, les accompagner pour une promenade. A Paris, l'association Le PariSolidaire propose à des personnes âgées de loger un étudiant moyennant présence et petits services...
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L'isolement gagne du terrain et les acteurs du développement social s'inquiètent de l'extension de fragilités relationnelles au côté d'une précarité économique depuis longtemps identifiée. La canicule de 2003 en avait révélé la substance, faisant une hécatombe chez les personnes âgées des villes de grande solitude. L'étendue du nombre d'enfants en danger aussi qui, d'après l'Observatoire national de l'action sociale décentralisée (ODAS), résulterait principalement de l'isolement social des familles.
On vit de plus en plus seul, c'est vrai. La population compte aujourd'hui 14,5 % d'âmes solitaires, selon l'Insee. Elles étaient 6,1 % en 1962. Elles monteraient à 17 % en 2030, selon des estimations. On sait aussi qu'on vit plus vieux. Les femmes, surtout, qui vieillissent seules du fait de leur plus grande longévité, quand les hommes vieillissent encore à deux.
Et puis l'on se sépare et l'on divorce, ce qui alimente le flux des familles monoparentales socialement et économiquement fragilisées. On croit moins en Dieu ou dans des lendemains qui chantent - ce qui pousse moins à se tenir les coudes. On vit moins "au village", moins en campagne, où se sont effacées d'anciennes solidarités. Et puis, peut-être surtout, on a de plus en plus peur.
Or l'absence de confiance en l'avenir conduit au repli sur soi, à l'isolement. C'est ce que nous rappelle le philosophe et psychanalyste Miguel Benasayag, dans un dossier de la revue du Secours populaire Convergence consacré en mars aux "solitudes modernes". "Le lien social ne disparaît pas totalement, constate l'auteur de La Fragilité (La Découverte), mais il continue d'exister seulement dans ses dimensions utilitariste, sécuritaire ou de profit."
La famille resterait le dernier rempart. Encore que. Robert Castel, sociologue, notait au début des années 1990 que la transformation de la structure familiale va "dans le sens de son appauvrissement en tant que vecteur fondamental d'insertion relationnelle". Tous les indices vont dans le sens du rétrécissement des réseaux familiaux : un seul enfant par famille, dispersion familiale dans l'espace, fin de la grande famille avec ce qu'elle impliquait de larges réseaux de sociabilité, d'aide économique.
Cette distanciation des liens familiaux marque aujourd'hui les seniors. En 2006, une enquête du Secours catholique auprès de 5 000 "aînés" avait montré comment le manque de liens véritablement intimes et l'absence de relations émotionnelles étroites agissaient comme mécanisme de base du sentiment de solitude. Qu'importe la quantité des contacts possibles, la masse des aides mobilisables dans le voisinage ou le réseau amical, rien ne saurait remplacer la profondeur et la chaleur d'une relation intime.
On peut avancer une raison probable à cela, qu'exacerbe l'individualisme des sociétés occidentales : le besoin de reconnaissance. Etre reconnu comme quelqu'un ayant un statut, une valeur, une identité. Que seule l'intensité d'une relation chargée d'émotions paraît encore pouvoir attester.
14 mars 2007
La déforestation de la planète suit un rythme alarmant
a déforestation de la planète continue à un rythme alarmant : 13 millions d'hectares (l'équivalent de la superficie de la Grèce) sont détruits chaque année. De 1990 à 2005, le monde a perdu 3 % de son couvert forestier (- 0,2 % par an). Mais, pour la première fois, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), qui a publié, mardi 13 mars, son rapport biennal sur la situation des forêts dans le monde, met en relief quelques "tendances positives" dans ce sombre bilan.
![]() Dans la région de Kiffa, dans le sud de la Mauritanie, une zone désertique qui se reboise depuis 2002. |
"La situation reste mauvaise, résume Jan Heino, sous-directeur chargé des forêts de la FAO. Mais nous notons des progrès. Nous espérons que ces exemples pousseront tous les gouvernements concernés à agir." Les contrastes entre continents sont violents. Les forêts prospères - stables ou en expansion - se situent en Amérique du Nord, en Europe, et, pour la première fois depuis plusieurs décennies, en Asie. La politique de reboisement à but commercial menée en Chine (et dans une moindre mesure en Inde) compense les taux de déforestation élevés d'autres pays (Indonésie, Papouasie-Nouvelle-Guinée).
ESPÈCES ENVAHISSANTES
En Asie du Sud-Est, en Afrique, et en Amérique latine, la déforestation continue en revanche à un rythme "très préoccupant", selon la FAO. Or ces forêts sont précieuses. "On ne peut pas mettre sur un même plan la progression de plantations qui privilégient une ou deux espèces à croissance rapide, et n'ont aucun intérêt sur le plan de la biodiversité, et la destruction de zones tropicales très riches, qui se poursuit à un rythme très élevé", affirme Ludovic Frère, chef de l'unité biodiversité chez Greenpeace, contestant les motifs d'optimisme de la FAO. Au total, 6 millions d'hectares de forêts primaires sont perdus ou modifiés chaque année.
L'expansion des terres agricoles et l'exploitation commerciale - légale ou non - sont les principales causes de destruction. "Les forêts et la population souffrent de méthodes d'exploitation menant à la destruction et au gaspillage", affirme le rapport. Ces pratiques persistent "en raison de considérations économiques et d'une absence de prise de conscience". La superficie de forêts certifiées - respectant certaines règles liées l'environnement - a certes progressé (7 % au total), mais celles-ci se trouvent dans les pays développés. "L'objectif initial, la lutte contre la déforestation tropicale, n'a pas été atteint", relève la FAO.
Dans les pays en développement, le bois est également la principale source d'énergie. La FAO met l'accent sur une autre menace sur la biodiversité des forêts : l'introduction d'espèces envahissantes, favorisée par le commerce international.
Discrimination raciste à l'embauche quatre fois sur cinq
Quand ils ont le choix, 78,7% des employeurs favorisent le candidat "d'origine hexagonale ancienne" par rapport à ceux d'origine maghrébine ou noire africaine: c'est le résultat édifiant d'une étude du Bureau international du travail, qui a "testé" 2440 offres d'emploi

a discrimination à l'embauche vient d'être mesurée par un vaste enquête, à base de testings, du Bureau international du travail (BIT), coordonnée avec le ministère de l'Emploi, entre fin 2005 et mi-2006, et publiée mercredi. Ses résultants sont édifiants: près de quatre fois sur cinq, un employeur français préfère embaucher un candidat "d'origine hexagonale ancienne" plutôt que son collègue d'origine maghrébine ou noire africaine.
Mensonges basiques, formes plus sournoises...
Les employeurs testés ont très nettement discriminé les candidats minoritaires (d'origine maghrébine ou noire africaine) et seulement 11% des employeurs ont respecté tout au long du processus de recrutement une égalité de traitement entre les deux candidats, indique le BIT. "Près de 90% de la discrimination globale est enregistrée avant même que les employeurs ne se soient donné la peine de recevoir les deux testeurs en entrevue", souligne le BIT.
Florilège des discriminations relevées par le BIT, du mensonge basique ("le poste est déjà pourvu") à la réponse embrouillée ("rappelez-moi en fin de semaine, on est quel jour ? ...on est vendredi...euh oui donc, rappelez-moi la semaine prochaine pour voir s'il y a du changement."). Une autre forme, "assez sournoise" de discrimination, consiste à mettre en attente le candidat discriminé ("envoyez un CV", "rappelez" ou "on vous rappellera") tandis que le candidat "d'origine hexagonale ancienne" reçoit une proposition d'entretien.
Au final, lorsque les employeurs ont le choix, près de quatre fois sur cinq (78,7%) ils favorisent le candidat majoritaire, baptisé pour l'expérience Julien Roche ou Jérôme Moulin pour les hommes, Marion Roche ou Emilie Moulin pour les femmes. Dans l'enquête, les autres candidats sont tout aussi français. Ils ont un CV rigoureusement équivalent en termes de scolarité, formation, qualifications, expérience, mobilité, résidence, et se distinguent uniquement par un nom et un prénom à consonance maghrébine, comme Kader Larbi, Farid Boukhrit, ou noire africaine, Aminata Bongo ou Binta Traoré.
2440 offres d'emploi ont été testées à Lille, Lyon, Marseille, Nantes, Paris et Strasbourg, le BIT ayant recours à des étudiants ou des comédiens, de 20 à 25 ans, dûment formés pour l'exercice. Ils ont répondu à des offres de basses et moyennes-basses qualifications, dans le secteur de l'hôtellerie-restauration, de la vente, du commerce et d'autres domaines comme les services à la personne, transports, accueil, etc. Les vrais faux candidats ont téléphoné, envoyé un CV ou se sont présentés directement.
Un cas de discrimination inversée
Parfois, malgré un rendez-vous, la discrimination a quand même eu lieu, certains employeurs faisant croire au candidat discriminé qu'il est refusé sous prétexte qu'il habite loin. Un seul test a eu pour résultat une discrimination à l'encontre d'un candidat prénommé Julien et intéressé par un poste de serveur. L'employeur a retenu le vrai faux Farid Boukhrit, après lui avoir posé une foule de questions sur ses origines et sa religion "parce que, lui a-t-il dit, j'ai un cuisinier originaire de Sétif qui visiblement n'accepte pas tellement les musulmans non pratiquants".
02 mars 2007
La consommation modérée de vin rouge allongerait l'éspérance de vie
elon une étude néerlandaise publiée mercredi 28 février, boire de l'alcool quotidiennement et modérément, en particulier du vin rouge, augmenterait l'espérance de vie de plusieurs années chez les hommes d'âge mûr. Cette enquête été menée entre 1960 et 2000, dans la ville de Zutphen, dans l'est des Pays-Bas. Un groupe de 1 373 hommes nés entre 1900 et 1920 a été étudié. Les chercheurs ont suivi certains des sujets jusqu'à leur mort et les autres jusqu'en 2000. Les sujets ont été interrogés à sept reprises sur leur consommation d'alccol, de tabac et sur leurs habitudes alimentaires. Les chercheurs ont étudié leur poids et la prévalence des attaques cardiaques, du diabète et du cancer.
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Martinette Streppel, qui a dirigé l'étude, a expliqué que "les effets protecteurs de l'alcool en quantité modeste pourraient s'expliquer par un lien possible avec un accroissement des lipoprotéines à haute densité (HDL) ou le bon cholestérol et une moindre coagulation sanguine".
"UN À DEUX VERRES PAR JOUR, PAS PLUS"
De plus, les buveurs de vin ont une espérance de vie supérieure de deux ans à celle de personnes buvant d'autres boissons alcooliques, selon l'étude. Les effets bénéfiques du vin rouge pourraient s'expliquer par l'action des polyphénols qu'il contient. Il s'agit d'un anti-oxydant puissant qui s'est révélé très efficace dans une récente étude sur des souris pour neutraliser les effets néfastes d'un mauvais régime alimentaire sur le système cardiovasculaire.
Martinette Streppel conclut que "le principal message est que si vous consommez des boissons alcooliques, faites-le avec modération, un à deux verres par jour, pas plus. Choisissez le vin, car il a un effet bénéfique qui dépasse celui du seul alcool".
L'année polaire :



