16 juin 2007
Inde : Un vélo contre les castes
Dans le nord‑est du pays, l'obstination d'une adolescente a changé la vie des intouchables de son village. Avec une simple bicyclette..
Sous ses airs d'adolescente timide, Mamta Nayak est une force de la nature. Par sa seule persévérance, cette gamine indienne a réussi à tordre le cou aux pratiques rétrogrades qui régissaient depuis des siècles la vie entre castes dans son village. Avec pour seule arme une bicyclette.

L'affaire commence durant l'été 2005, à Narsinghpur, petit hameau tranquille du nord‑est de l'Inde. Issue de la caste des « dalits » (les intouchables), le plus bas échelon du système social hindou, Mamta, 16 ans, vient de passer en première, et souhaite poursuivre ses études. Son père, un paysan sans terre, aurait préféré qu'elle se marie. Mais elle finit par le convaincre de lui acheter un vélo, afin de pouvoir se rendre à son nouveau lycée, situé à 8 kilomètres.
Le jour de la rentrée, elle se met en route. Et déclenche une petite révolution. Pour aller en cours, elle doit en effet traverser le centre du village, habité par les hautes castes. Or la tradition veut que les dalits, qui vivent dans une enclave séparée, mettent pied à terre lorsqu'ils passent à cet endroit. Mamta, elle, refuse. Furieux, les anciens organisent alors un « tribunal populaire ». Son père est sommé de lui apprendre les bonnes manières. Pis encore, Mamta pourrait renoncer à ses études... Lui-même analphabète, le vieil homme tente de raisonner sa fille. Mais celle‑ci a la tête dure. « Il avait peur, pas moi, affirme‑t‑elle en souriant. je savais que j'étais dans mon droit. » Impressionnées par son courage, les autres familles dalits décident de la soutenir: après tout, Mamta est la première fille de la communauté à avoir poussé ses études aussi loin.
Dans le village, la tension monte. Au point que le commissaire du district mobilise deux policiers pour escorter chaque jour l'adolescente jusqu'au lycée. « ils sont restés avec nous pendant un mois, raconte sa grand‑mère, Bharati Nayak. S'ils n'avaient pas été là, nous aurions tous été tués. » Les familles dalits n'échappent cependant pas au boycott. Plus personne ne leur adresse la parole, les magasins refusent de les servir et les hommes, employés comme ouvriers agricoles parles propriétaires terriens de hautes castes, sont tous licenciés. « Nous avons beaucoup souffert, témoigne encore la grand‑mère. Mais nous ne regrettons rien, car maintenant nous sommes libres. »
Deux ans plus tard, l'affront de Mamta a en effet provoqué bien des changements à Narsinghpur. Le vélo, tout d'abord, que la plupart des dalits enfourchent désormais sans se poser de questions. Oubliée, aussi, l'interdiction d'utiliser des véhicules motorisés. Terminées, les insultes gratuites et quotidiennes. « Nous faisons ce que nous voulons. Plus personne ne dit rien, résume Bharati Nayak, occupée à traire sa vache. Les hautes castes ont compris qu'elles étaient obligées de respecter la loi. » Du moins en partie. Car, si le boycott a fini par être levé, les hommes dont toujours pas été réembauchés et doivent donc aller travailler dans les hameaux voisins. La communauté n'est par ailleurs plus invitée pour les fêtes de village ou les mariages. « Mais ça commence à changer : certains se remettent à nous parler », assure Mamta. « De toute façon, peu importe, intervient sa tante. Nous n'avons pas besoin d'eux. »
Aujourd'hui âgée de 18 ans, la jeune fille vient de passer son bac et souhaite devenir institutrice. Elle donne déjà des cours aux enfants de sa communauté, notamment à sa petite cousine, admise à son tour en première. Et qui écrira peut‑être la suite de cette histoire exemplaire dans les campagnes indiennes, où ceux que Gandhi appelait les « enfants de Dieu » continuent de faire l'objet d'une discrimination d'un autre âge...
05 juin 2007
Un magistrat poignardé au tribunal de Metz
La mère d'un mineur a poignardé mardi Jacques Noris, juge des enfants et vice-présicent du tribunal de Metz. L'Union syndicale de la magistrature agite la menace d'une grève si des mesures ne sont pas prises pour renforcer la sécurité
n juge des enfants, vice-président du tribunal de Metz, a été blessé à coups de couteau mardi par la mère d'un mineur alors qu'il présidait une audience d'assistance éducative dans son cabinet. L'agression a provoqué une vive émotion dans la magistrature et le principal syndicat menace d'appeler les magistrats à cesser le travail si des mesures ne sont pas prises.
"Le vice-président du tribunal de Metz, président du tribunal pour enfants, a été agressé à l'arme blanche pendant l'audience", a déclaré Joël Guitton, procureur de la République de Metz. La victime, frappée de plusieurs coups de couteau à l'abdomen, a été évacuée vers un hôpital.
Le magistrat, Jacques Noris, a été opéré et se trouvait dans un état stationnaire mais ses jours ne seraient pas en danger, dit-on de source syndicale dans la magistrature. Selon les premiers éléments de l'enquête, la mère du mineur dont le cas était examiné lors de l'audience a agressé le magistrat avec un couteau qu'elle portait sur elle. L'audience portait sur le renouvellement du placement de son fils en foyer éducatif.
Nicolas Sarkozy a exprimé "son profond soutien" à la victime. "Le président de la République, qui est tenu strictement informé de l'évolution de l'état de santé de M. Jacques Noris, s'élève contre cet acte inqualifiable", écrit-il.
La ministre de la Justice, Rachida Dati, a fait part de son émotion et annoncé qu'elle irait sur place dans l'après-midi.
Le Syndicat de la magistrature (gauche) a annoncé une manifestation au palais de justice de Metz dans l'après-midi. L'Union syndicale de la magistrature (USM, majoritaire) a exprimé sa "consternation" et sa "révolte" et réclamé des mesures immédiates, faute de quoi il menace d'appeler les magistrats à cesser le travail. "L'USM exige un plan d'urgence de sécurisation des juridictions. A défaut, l'USM appellera les magistrats à exercer leur droit de retrait, partout ou les conditions de sécurité ne seront pas remplies", déclare le syndicat dans un communiqué.
Les syndicats soulignent qu'il ne s'agit que de la suite d'une série d'affaires similaires. Ils mentionnent l'agression subie le 31 mai 2007 par une juge des enfants du tribunal de Montargis, molestée et insultée dans son bureau, ou encore l'agression d'une greffière du tribunal de Rouen, brûlée vive dans son bureau en septembre 2005.
Pour les syndicats de magistrats, cette situation est révélatrice de la misère de la justice française, qui avec un budget de 6,271 milliards d'euros pour 2007 (2,34% du budget de l'Etat), est à un des plus bas niveaux de l'Europe des 27. "Sans cesse contestés dans leur action quotidienne, confrontés à une situation matérielle, notamment en matière de sécurité, indigne d'un grand pays, les magistrats se trouvent dans l'incapacité d'exercer leurs missions", estime l'USM. "Est-ce qu'il faudra des morts pour qu'enfin le gouvernement prenne les décisions qui s'imposent ? C'est bien de se rendre sur place de la part d'un ministre, mais ce qu'il faut maintenant c'est agir", a dit le président de l'USM Bruno Thouzellier sur LCI.
Rachida Dati annonce avoir demandé un état des lieux sur la sécurité du TGI de Metz et sur l'ensemble des juridictions. La ministre a annoncé la semaine dernière dans la presse le dépôt en juillet de deux projets de lois sur les peines planchers de prison pour les récidivistes et la fin de la règle d'excuse de minorité pour les 16-18 ans.
03 juin 2007
La cousine de Ségolène candidate FN
Anne-Christine Royal figure en troisième position de la liste FN pour les élections municipales à Bordeaux.
![]() Anne-Christine Royal (DR) |
Jacques Colombier, président du groupe Front national au Conseil régional de Gironde, a indiqué, sur France Bleue Gironde, que la cousine de Ségolène Royal, Anne-Christine Royal, figurait en troisième position sur la liste du parti d'extrême droite pour les élections municipales anticipées de Bordeaux. L'élu frontiste affirmait au sujet de sa collègue : "elle a 41 ans, (c'est) une mère de famille exemplaire, 10 enfants, jeune et jolie...".
Interrogée par France Bleue Gironde, Anne-Christine Royal ne souhaitait pas polémiquer. Elle déclarait "respecter les individus, mais combattre les idées". Militante au FN depuis 1983, elle signalait ne pas avoir "attendu Ségolène pour se lancer en politique".
"Les poubelles de la famille" Royal
Le militantisme de sa cousine n'enchante, toutefois, la présidente de la Région Poitou-Charentes. Cette dernière aurait déclaré il y a quelques années, selon Anne-Christine Royal, ne pas vouloir "fouiller dans les poubelles de la famille".
Des élections anticipées doivent avoir lieu à Bordeaux les 8 et 15 octobre prochain. La majorité municipale UMP-UDF-DVD avait annoncé sa démission le 28 août afin de provoquer une élection municipale anticipée et permettre le retour d'Alain Juppé, condamné en décembre 2004 à un an d'inéligibilité dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris.
"C'est vrai qu'il y a une surproduction mondiale de 50 millions d'hectolitres par an mais l'Australie, l'Afrique du Sud, la Californie ont planté 230.000 hectares en cinq ans! Au nom de quoi ce serait à la France de sacrifier sa viticulture ?", a-t-elle demandé.
Entourée d'une vingtaine de sympathisants et militants, dont Jacques Colombier, responsable régional du FN, elle a dit craindre la "disparition de notre art de vivre", synonyme d'"agonie de la France."
Egrenant les propositions du FN dans le domaine viticole dont la création d'un conservatoire du vignoble, elle s'est engagée, si elle était élue députée, à se rendre à l'Assemblée nationale "s'il le faut durant cinq ans" en traînant un cep de vigne "attaché à un pied".
"C'est une femme qui fait preuve d'un certain courage et qui a des convictions, ce que je respecte", a commenté le député sortant de la circonscription Jean-Paul Garraud (UMP), en campagne au marché de Libourne.
"Mais moi ma tribune c'est l'hémicycle et on ne peut s'empêcher de penser qu'il y a une démarche politico-médiatique derrière tout ça", a-t-il ajouté.
