Planète Bleue

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12 octobre 2007

Deux cent mille Français cultivent leur cannabis

La PJ vient de démanteler deux « usines » dotées d'un équipement sophistiqué pour alimenter le trafic de drogue dans le Midi.

LES HOMMES de la PJ de Toulon, qui enquêtaient depuis plusieurs mois sur un trafiquant d'herbe local, n'en ont pas cru leurs yeux. Lundi, au moment d'investir la villa d'un comparse présumé dans un quartier résidentiel de La Seyne-sur-Mer (Var), ils ont mis au jour une véritable usine de production de cannabis. « Le jardin était envahi par plusieurs centaines de plants tandis que le garage et la remise faisaient office de séchoir, relève un policier. Dans la maison, nous avons aussi découvert des stocks de graine, diverses lampes et de la documentation spécialisée. Au total, on estime qu'il y avait là pour plusieurs dizaines de milliers d'euros de marchandise. »
Dans le cadre d'une tout autre enquête, à Nîmes, le SRPJ de Montpellier a découvert le même jour un entrepôt abritant 600 plants sur une surface d'environ 200 m². Doté d'un système d'éclairage, de chauffage et d'apport en eau des plus sophistiqués, cette fabrique visait apparemment à alimenter le marché local. Deux trafiquants présumés devraient être déférés aujourd'hui.
Selon une estimation finalisée tout récemment par l'Obervatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), 200 000 personnes cultiveraient actuellement leurs propres plants de cannabis sur le sol français. À en croire les policiers spécialisés, les grosses cultures, qui nécessitent l'acquisition d'un matériel coûteux et alimentent souvent les trafics, demeurent peu nombreuses. « En revanche, décrypte le directeur de l'OFDT, Jean-Michel Costes, l'autoculture, marginale au milieu des années 1990, semble depuis lors se diffuser parmi les usagers. »
Pour preuve, la soixantaine de commerçants spécialisés dans la vente de lampes à sodium et autres pots hydroponiques, requis pour faire pousser de l'herbe « en placard », afficherait une nette augmentation de leurs ventes depuis quelque temps. Par ailleurs, selon diverses enquêtes qualitatives, un consommateur régulier sur quatre déclarerait faire pousser ses propres plants.
1 600 interpellations
Interne en chirurgie et fumeur occasionnel, Jean-Baptiste (*), âgé de 28 ans, cultive ainsi sa propre herbe depuis environ quatre ans. « J'y suis venu après m'être longtemps approvisionné dans la rue, au risque de tomber sur un matos de mauvaise qualité ou de me faire dépouiller, raconte-t-il. Lorsque je leur en ai parlé, mes parents, qui habitent un petit village du sud de la France, ont d'emblée accepté d'accueillir mes cultures dans leur potager à condition que je ne revende pas mon herbe. L'an dernier, j'ai ainsi récolté près de 1,5 kg de têtes séchées dont j'ai donné l'essentiel à mes potes. Le seul problème, c'est que j'ai une trouille bleue de me faire choper dès que je dois transporter mon herbe. »
Abritée des regards, tantôt en plein champ tantôt en appartement, et de petite taille, la grande majorité de ces cultures échappent à la vigilance des services répressifs qui, l'an dernier, ont procédé l'an dernier à environ 1 600 interpellations pour détention de graines ou de pieds - tandis que 115 « cultivateurs » ont été arrêtées pour « trafic ».
* Le prénom a été modifié. - Bonjour la sécurité opératoire... opérez bien, opérez zen, fumez un p'tit joint avant !

Posté par jmlir à 09:05 - Société - Commentaires [0] - Permalien [#]

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